Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada

Céret (Pyrénées-Orientales) - Dimanche 13 Juillet 2008 - 11h - Novillada
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# Posté le samedi 19 juillet 2008 07:19

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida
TARDE DE VERAGUAS Y DE PARAGUAS

Après-midi de Veraguas et de parapluies, tel a été le reflet de cette corrida d'ouverture de Céret de Toros qui n'est pas arrivée à son terme faute à des conditions météorologiques excécrables. Il était six heures et des poussières lorsque la Cobla Mil.lenaria entama l'hymne catalan "Els Segadors" qui signifiait alors le début d'une corrida dont l'annulation n'aurait souffert d'aucune contestation. Mais l'ADAC qui avait installé une bâche et surtout les toreros en ont décidé autrement, et la corrida a été très vite faussée par les flaques d'eau qui ont inondé et transformé le ruedo en rizière. Les conditions étaient donc impropres à la lidia et l'on n'a pas pu apprécier à sa juste valeur le comportement des trois magnifiques jaboneros de Prieto sortis en piste. Difficile également de juger les hommes qui ont joué leur vie à chaque instant de la course. Après des protestations d'une partie du public au paseo, la corrida a eu lieu et c'est un très beau jabonero qui a ouvert les hostilités de la piscine cérétane. Il ne se montra en général que peu intéressé par les leurres de Rafaelillo et prit deux piques en se défendant, il permit cependant quelques muletazos au vaillant torero qui effectua l'unique salut de l'après-midi après une demie lame foudroyante. Le second Veragua lui aussi remarquablement présenté entra en piste sous l'orage et la pluie et démolit une partie des talenquères avant de démontrer une certaine puissance en trois rencontres avec le picador Marc Reynaud, Julien Lescarret ne pu ensuite rien prouver au milieu d'une piste impraticable face à un toro devenant avisé. Le troisième destiné à Fernando Cruz était comme ses deux congénères pourvu d'un pelage praliné et c'est face à lui que le madrilène réalisa les meilleurs moments de l'après-midi à la cape. Le reste fut d'un tout autre tonneau car le picador assassina Tortolillo en trois rencontres et quitta les arènes sous la bronca. Le reste, un Prieto développant du genio et face à lui un Fernando Cruz mort de trouille désarmé à de nombreuses reprises et qui tua de trois pinchazos et d'un descabello al recibir extrémement chanceux.
On aurait donc préféré voir cette corrida au sec et la décision de célébrer le festejo fut bien décevante à cause du danger encouru par les toreros mais aussi à cause d'une qualité de lidia nulle et on aurait pu pourquoi pas songer à un report au lundi matin, jour où aucun des trois toreros (Rafaelillo, Julien Lescarret et Fernando Cruz) ne toréait. Quel magnifique lot de Prieto envoyé mais que l'on n'a pas pu apprécier ! Ainsi, comme ils le disent de l'autre côté des Pyrénées : ¡ Qué lástima !

Céret (Pyrénées-Orientales) - Samedi 12 Juillet 2008 - 18h - Corrida

3 Toros de Don Tomás Prieto de la Cal, jaboneros, superbement présentés malgré une pointe abîmée du troisième. Ils prirent un total de 8 piques mais on ne pu les évaluer à la muleta, le premier un peu distrait et les deux autres avisés.

Rafael Rubio "Rafaelillo" (banyuls et or) : salut au tiers
Julien Lescarret (connifère des hauteurs cérétanes et or) : silence
Fernando Cruz (crème catalane et or soutaché de noir) : silence après avis

Toros de Prieto de la Cal
1. Vinatero / n°25 / jabonero / 510 kg (né en décembre 2003) / 2 piques
2. Botinero / n°2 / jabonero / 530 kg (né en octobre 2003) / 3 piques
3. Tortolillo / n°31 / jabonero / 470 kg (né décembre 2003) / 3 piques

Toros non combattus
4. Combilón / n°23 / jabonero / 460 kg (né en décembre 2003)
5. Pajarraco / n°61 / castaño / 520 kg (né en janvier 2004)
6. Rompedor / n°7 / negro bragado meano / 550 kg (né en décembre 2003)
Sobrero de Prieto de la Cal. Aguardentero / n°44 / jabonero / 560 kg (né en février 2004)

Première corrida de "Céret de Toros 2008". Orage et forte pluie dès le paseo qui ont obligé d'interrompre la course à la mort du troisième toro. Arènes presque pleines. Minute de silence au paseo en l'hommage à René Mas, membre de l'ADAC décédé. Président : Francis Manent. Durée : 1h05.

(Photo : La "lidia" du troisième)

Florent
# Posté le vendredi 18 juillet 2008 08:22
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 15:35

CERET DE TOROS 2008

CERET DE TOROS 2008
J'étais donc présent pour cette édition de Céret de Toros. Je mettrai les reseñas et les photos au fur et à mesure. Je vous propose pour vous mettre en appétit une photo d'un TORO DE COMBAT de la ganadería de Hernández Pla que j'ai pu prendre aux corrales de Céret le jeudi 10 juillet.

Florent
# Posté le mardi 15 juillet 2008 16:42
Modifié le mercredi 16 juillet 2008 11:09

Aberrations et paradoxes

Aberrations et paradoxes
A l'heure où je vous écris il se fait tard et je n'ai que peu de temps, mais l'envie est bien plus forte que la raison même si aujourd'hui peut-être, les idées ne viendront pas dans l'ordre, qu'importe pour vu qu'elles soient là.
En ce Dimanche 29 Juin, j'ai suivi la novillada de promoción hebdomadaire diffusée par la chaîne régionale andalouse, le nom du bled est peu évocateur : Villaluenga de Rosario, mais sa superbe plaza toute de pierre faite sans callejón et au pied de la sierra a bien plus de gueule et de charme que les soucoupes de San Sebastián et Logroño réunies. Y fut présenté un lot d'erales des Frères Sampedro d'origine Domecq loin d'être scandaleux physiquement comparé à certaines sardines vues précédemment en France. Le biterrois Cayetano Ortiz et à un degré moindre Fran Gómez m'ont plu de part leur toreo, en particulier le premier qui a semblé bien plus aguerri que les autres, mais malheureusement pour ces deux-là, l'épée aussi ça compte... Le second, Manuel Rodríguez León a touché le novillo le plus faible mais a mérité son oreille grâce à une superbe estocade tant par le placement que par l'engagement. Le triomphateur de l'après-midi a pourtant été le salmantino Juan del Alamo, qui a coupé deux oreilles après un labeur volontaire mais assez électrique. Lot collaborateur donc des Frères Sampedro avec une vuelta au cinquième, rien de scandaleux pour ces lieux même si mon esprit relève toujours quelques petits détails qui peuvent parfois être d'importance. En effet, ces erales entrés en piste sans devise n'ont reçu qu'une seule paire de banderilles chacun avant l'estocade finale, alors pourquoi me direz-vous ? Je ne sais pas même si l'on peut songer à mille hypothèses. Une nouvelle mesure du règlement taurin andalou ? Cela mettrait nos amis les antis hors de portée, eux qui affirment que la corrida est une séance de torture. Quant à moi, je soupçonne toutefois une quelconque volonté de la part de l'organisation et des acteurs de cette novillada d'avoir voulu abréger plus vite cette novillada entamée à 18h30 afin d'aller suivre la finale Allemagne – Espagne, en effet ces mono-paires de banderilles ont permis la lidia de six erales en une heure et quarante-cinq minutes à peine ! La suite, vous la connaissez tous, but de Torres qui fait mentir Gary Lineker car à la fin ce ne sont plus les allemands qui gagnent, premier paradoxe. Pour revenir plus près de chez nous et même si l'on sait tous qu'ici cela fait longtemps qu'on est revenu sur terre – du moins de Suisse et d'Autriche via l'aéroport du Bourget – on est confronté à un problème de la même ampleur, car Stéphane Fernandez Meca, nouvel empresario de Beaucaire et torero que je respecte a décidé de mettre en vigueur dans ses arènes les fameuses piques andalouses qui sont un peu plus petites que les puyas normales. Mais si l'on est pourvu de bon sens, on constate que cela est aberrant car pour cette Feria de Beaucaire seront présentés des lots de Monteviejo, Pablo Mayoral et ... Victorino Martín ! Mais est-ce le type de toro qui nécessite ces nouvelles piques ? Même problème pour Villaluenga car les bêtes de Sampedro auraient largement pu supporter deux à trois paires de banderilles. Si on continue notre paradoxe entre Toro et Andalousie, on voit également qu'un petit village de la province de Huelva résiste quelque peu à l'uniformisation de la fiesta brava en Andalousie, au mois d'Août, ce village de Valverde de Camino présentera trois lots de Prieto de la Cal, Adolfo Martín et Celestino Cuadri. Je pourrais évoquer tant d'autres choses mais il faut revenir à l'essentiel, car l'Espagne est championne d'Europe et c'est bien, mais je tiens à rappeler qu'il y a moins d'une semaine, un type du nom d'Adrián Gómez appartenant à la cuadrilla du Fundi a subi la même blessure que Julio Robles et Christian Montcouquiol, trop de gens évoquent une fatalité mais pour eux, la vie continue sans remord. Et là vous m'excuserez du terme mais c'est bien déguelasse, car à la place d'Adrián Gómez, vous qui avez vécu pour le toro voyez votre vie brisée par celui-ci sans que les gens s'en préoccupent véritablement. En effet, si un toro vous brise les cervicales et donc la vie, cela n'aura qu'une importance mineure à côté des triomphes de José Tomás à Madrid. Beaux triomphes par ailleurs de celui-ci et je ne pourrai le nier, je pourrai par contre entamer un débat d'un autre genre. Car José Tomás a coupé sept oreilles devant quatre toros bien armés il est vrai mais ne possédant pas non plus un moral de tueur, avec Tomás, le danger est artificiel et ce n'est pas ici un terme péjoratif, mais au sens où c'est lui-même qui crée le danger en prenant des risques démesurés. Sans dénigrer les deux triomphes de la star actuelle, l'oreille coupée par César Rincón en 1994 face à Bastonito de Baltasar Ibán vaut à mes yeux bien plus que les sept oreilles obtenues par José Tomás en deux tardes, et pourquoi ? Car face à Rincón en 1994, il y avait un Toro de verdad qui créait lui-même le danger et pouvait prendre la vie de César à n'importe quel moment sans que celui-ci ne l'ait voulu. Mais les temps changent, et tout le monde semble s'être rendu à José Tomás, et des toros comme Bastonito manquent cruellement ces derniers temps dans les ruedos. Pour finir, j'évoquerai simplement la phrase tenue dimanche par le novillero Juan del Alamo lors de son brindis à Ruiz Miguel : « Yo quiero ser como usted, figura del toreo », preuve que le chemin est particulièrement difficile et que pour réussir, il faut bien plus que du talent.

Florent
# Posté le lundi 30 juin 2008 09:16

Lorsque la réalité se calque parfaitement sur la fiction

Lorsque la réalité se calque parfaitement sur la fiction
En réalisant sa bande dessinée mondialement connue « Astérix », René Goscinny ne s'était sûrement pas imaginé qu'un jour, sa fiction s'adapterait dans un tout autre registre à la réalité. Car à chaque fois que j'évoque le nom de Céret sur l'échiquier taurin, la première image qui me vient en tête, c'est celle d'un village d'irréductibles, comme dans la BD française... On le sent de plus en plus, mais la corrida perd en diversité ces derniers temps et est parfois reléguée au rang de spectacle à la mode malgré des actions naissantes visant à sa protection. Car ne l'oublions pas, la tauromachie avant d'être un art, c'est d'abord un combat. Même si Céret a une importance infime sur la saison taurine européenne, c'est bien là-bas que les valeurs mères de la corrida y sont défendues. L'association des aficionados cérétans a bien sûr connu des fracasos, on peut citer le plus explicite, celui de Vaz Monteiro présenté en 2002, mais quelle est la faute ? Est-ce un délit de vouloir innover ou même de dépoussiérer ? En contrepartie, l'association a aussi connu ses heures de gloires en révélant véritablement deux ganaderías, celles de Adolfo Martín et de Fernando Palha. Cette année sera marquée par le retour des élevages paralysés par la langue bleue pendant trois longues années, ainsi on retrouvera à Céret les devises de Prieto de la Cal, Bucaré, Hernández Pla et Escolar Gil pour espérons-le, un grand cru. A l'heure où l'on parle de défense de la culture taurine, je pense que les cérétans à eux seuls assument cette volonté de préserver les valeurs de la corrida, et que l'on soit tomasiste ou torerista, on ne peut en aucun cas le leur enlever cela ou pire encore, les dénigrer.

Florent

(Cliché du photographe officiel de Céret de Toros, l'espagnol David Cordero, avec ici une photo d'un exemplaire de Fernando Palha « Herdeiros de Doña Maria Do Carmo Palha » combattu en l'an 2000)

P.S : L'édition 2008 de Céret de Toros aura lieu du Samedi 12 au Lundi 14 Juillet
# Posté le lundi 09 juin 2008 18:56